Unitree, devenu un symbole de la robotique chinoise, a vu son action s’envoler mercredi à la Bourse de Shanghai, clôturant à 845 yuans (108,12 euros) contre un prix d’introduction de 150,8 yuans. L’ouverture à +629% et la clôture à +460,34% traduisent un appétit spéculatif massif pour « l’IA incarnée », selon l’analyste Stephen Innes, qui qualifie le phénomène de « nouvelle frontière spéculative chinoise ». Cette IPO intervient alors que le gouvernement place la robotique parmi ses secteurs stratégiques et que plus de 140 entreprises auraient lancé l’an dernier plus de 330 modèles de robots humanoïdes en Chine.
Les performances opérationnelles d’Unitree expliquent en partie l’engouement: la société a livré plus de 5.500 robots humanoïdes l’an dernier, son chiffre d’affaires est passé de 393 millions à 1,7 milliard de yuans et ses marges dépasseraient les 60%, selon l’analyste cité. Unitree est aussi très visible médiatiquement, avec des démonstrations grand public — notamment lors des galas du Nouvel An chinois — et la présentation récente d’un nouveau modèle « Superman » capable, d’après la société, de sauter jusqu’à deux mètres et d’atteindre 12,66 m/s.
L’écosystème d’Unitree est présenté comme un moteur pour d’autres acteurs: ses produits seraient utilisés non seulement par des chercheurs chinois mais aussi par des groupes technologiques américains tels que Nvidia, Google et Amazon, selon Renjie Guo de Zeroth. L’introduction coïncide avec l’ouverture d’une conférence internationale à Pékin où Unitree attirait un large public.
Cependant, cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu: le Pentagone a inclus Unitree dans une liste d’« compagnies militaires chinoises » en juin, et les États-Unis ont interdit en juillet l’importation de robots humanoïdes étrangers, ciblant principalement des sociétés chinoises. Des voix du capital-risque estiment que le secteur doit désormais prouver son utilité en conditions réelles et justifier régulièrement ses résultats.


