Plusieurs dirigeants majeurs de l’intelligence artificielle soutiennent l’idée de ralentir et de mieux contrôler le développement des modèles les plus avancés. Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, propose notamment de donner à des évaluateurs tiers un accès permanent comparable à celui d’employés afin qu’ils examinent les pratiques de sécurité, les modèles et les chaînes d’entraînement.

Sam Altman a indiqué qu’OpenAI comptait adopter une démarche similaire. Elon Musk a également approuvé le principe d’une supervision et évoqué une évaluation croisée entre concurrents. Demis Hassabis, dirigeant de Google DeepMind, juge lui aussi la direction pertinente, tout en soulignant que les modalités restent à définir. Hugging Face a demandé à participer au programme proposé.

Pour les marchés, cette convergence intervient après une progression spectaculaire des valeurs liées à l’IA. L’indice Philadelphia Semiconductor a gagné 318,3 % depuis novembre 2022. Nvidia, AMD, Broadcom et TSMC figurent parmi les entreprises exposées à la puissance de calcul requise par les grands modèles. Les spécialistes du stockage et de la mémoire ont également bénéficié de la construction rapide des infrastructures.

Un ralentissement volontaire pourrait donc modifier les attentes de commandes, de dépenses d’investissement et de croissance dans les puces. Les contrats à terme liés au Nasdaq 100 ont reculé de 1 % dimanche, sans que ce mouvement suffise à confirmer une tendance. Le secteur avait déjà chuté de plus de 20 % en juillet, lorsque les investisseurs s’interrogeaient sur le rendement des capitaux engagés dans les centres de données.

Les éditeurs de logiciels pourraient être moins pénalisés, voire bénéficier d’un rythme de rupture plus progressif après avoir sous-performé les fabricants de puces. L’enjeu central sera de déterminer si les engagements annoncés deviennent des contraintes concrètes sur le calendrier des modèles ou s’ils améliorent seulement les procédures de sécurité.