Gilead Sciences a franchi une étape clinique encourageante avec l’emvistegrast, un comprimé expérimental administré une fois par jour contre la colite ulcéreuse modérée à sévère. Cette maladie inflammatoire chronique provoque une inflammation et des ulcères du tube digestif et nécessite souvent des traitements au long cours.
Dans l’essai de phase intermédiaire, 66 % des patients ayant reçu une dose de 200 mg ont constaté une atténuation de leurs symptômes après douze semaines, contre 37 % dans le groupe placebo. L’objectif principal de l’étude a ainsi été atteint. La différence est également marquée sur la rémission clinique : 31 % des patients traités l’ont atteinte, contre 8 % sous placebo.
L’emvistegrast agit en bloquant la voie de l’intégrine α4β7, une cible déjà validée dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Pour Gilead, l’intérêt stratégique tient aussi à la forme orale et à la prise quotidienne, qui pourraient constituer un élément de différenciation si l’efficacité et la tolérance sont confirmées lors d’essais plus larges.
Sur le plan de la sécurité, le groupe indique que les taux globaux d’effets indésirables étaient comparables entre le traitement et le placebo. Aucun effet indésirable grave n’a été associé au médicament étudié. Les analystes de BMO Capital Markets considèrent ces données comme un élément positif pour la stratégie de Gilead dans les maladies inflammatoires et voient dans l’emvistegrast une option orale crédible ciblant l’intégrine α4β7.
La prochaine étape reste décisive : Gilead prévoit de lancer en 2027 une étude de phase avancée de l’emvistegrast en monothérapie. Les résultats actuels ne préjugent donc ni d’une autorisation ni du potentiel commercial final. Pour les investisseurs, ils renforcent néanmoins la crédibilité du portefeuille de développement du groupe au-delà de ses activités établies, tout en maintenant les risques habituels de développement clinique, de comparaison avec les traitements existants et d’évaluation réglementaire.

