Les résultats du troisième trimestre des quatre grandes banques américaines dessinent un consommateur encore solide. Selon les établissements, les dépenses réglées par carte progressent de 8 % à 13 % sur un an. Ces chiffres ne signifient pas que tous les foyers disposent de marges confortables, mais ils contredisent pour l’instant le scénario d’un arrêt brutal de la consommation.
Chez Bank of America, les dépenses cumulées depuis janvier augmentent de 7 %. Le nombre de transactions progresse de 4 %, ce qui suggère que l’activité ne repose pas uniquement sur la hausse des prix : le volume d’achats contribue aussi à l’évolution observée. D’autres indicateurs vont dans le même sens. Les ventes comparables suivies par Redbook avancent de plus de 8 % sur un an depuis le début du troisième trimestre et leur publication du 13 octobre affiche une hausse de 10 %.
Costco a pour sa part enregistré une progression de 7,2 % de ses ventes comparables aux États-Unis, hors essence et effets de change, sur les seize semaines achevées le 30 août. Ce rythme dépasse les 6,6 % constatés sur l’ensemble des 52 semaines, ce qui renforce l’idée d’une demande toujours active.
Le crédit à la consommation ne montre pas non plus de dégradation généralisée. Les taux annualisés de pertes sur cartes reculent de 24 points de base chez JPMorgan et Bank of America, de 29 points chez Wells Fargo et de 34 points chez Citi au troisième trimestre. Les retards de plus de 90 jours diminuent chez JPMorgan, Bank of America et Citi, et restent stables chez Wells Fargo.
Pour les investisseurs, cette résistance soutient les revenus des banques liés aux paiements et réduit, à court terme, le risque de crédit. Elle peut aussi favoriser les distributeurs exposés à la demande américaine. Le tableau doit néanmoins être suivi dans la durée : une consommation dynamique peut coexister avec des tensions chez certains ménages. Les prochains chiffres de transactions, d’impayés et de ventes comparables permettront de vérifier si la tendance se maintient.


