La monnaie américaine a marqué un net recul vendredi après la publication de statistiques de l’emploi bien plus faibles que prévu pour le mois de juillet. Vers 14h50, le dollar cédait 0,36% face à l’euro, à 1,1566 $US pour un euro, et perdait 0,58% contre le yen, à 157,52 yens pour un dollar. Ces mouvements reflètent une révision des anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale.
Le rapport mensuel a fait état d’une perte de 23 000 emplois en juillet, alors que les économistes attendaient un gain d’environ 83 000 postes. De plus, les créations d’emplois pour mai et juin ont été fortement révisées à la baisse, à hauteur de 103 000 postes. Ces éléments ont suffi à provoquer «une vive réaction des marchés», note Kevin Ford de Convera, les opérateurs intégrant désormais une politique de resserrement moins agressive de la Fed.
Plusieurs spécialistes ont souligné l’implication économique de ces chiffres. Richard Carter, de Quilter Cheviot, rappelle que ces données suggèrent que «tout ne va peut‑être pas pour le mieux pour l’économie américaine». Bernd Weidensteiner, de Commerzbank, parle d’une «douche froide» et s’interroge sur la prudence de la Fed à écarter les risques du côté de l’emploi. Ces commentaires alimentent le doute sur la nécessité et le timing de futures hausses de taux.
Selon l’outil CME FedWatch, les marchés anticipent désormais que la banque centrale pourrait s’abstenir d’un relèvement de ses taux en septembre, alors qu’un relèvement était auparavant attendu. Cette réorientation a pesé sur les taux obligataires et affaibli le dollar, qui profite généralement d’attentes de hausses plus marquées. Les cambistes restent toutefois partagés et attendent les prochaines données d’inflation qui pourraient encore modifier les anticipations.
Par ailleurs, le nouveau patron de la Fed, Kevin Warsh, a instauré comme principe de maintenir une certaine opacité quant aux décisions à venir, ce qui ajoute une dimension d’incertitude aux marchés alors qu’ils digèrent ces chiffres d’emploi décevants.

