Les chiffres de l’emploi publiés vendredi aux États-Unis ont surpris à la hausse: 162 000 créations nettes d’emploi pour le dernier mois, soit environ trois fois le consensus des analystes, tandis que le taux de chômage est resté stable à 4,1%. Les données de juin et juillet ont en outre été révisées à la hausse par le ministère du Travail, signalant une dynamique du marché du travail plus soutenue que prévu.

En réaction, le dollar s’est apprécié modestement: +0,12% face à l’euro à 1,1612$US pour un euro et +0,09% face à la livre à 1,3513$US. Ce raffermissement traduit l’idée que la Réserve fédérale pourrait durcir encore sa politique monétaire pour contenir l’inflation, une perspective que les marchés ont intégrée via l’outil CME FedWatch qui donne maintenant plus de poids à une hausse des taux dès septembre.

Plusieurs acteurs commentent ces évolutions en reliant directement la vigueur de l’emploi à la conduite future de la Fed. Un analyste relève que le président de la Fed a récemment estimé que le plein emploi prévalait, et que les nouvelles données viennent conforter cette lecture. D’autres économistes rappellent toutefois que la décision finale dépendra surtout des prochaines publications d’inflation, notamment l’indice CPI d’août attendu le 11 septembre; en juillet, l’inflation annuelle était à 3,4%, bien au-dessus de l’objectif de 2%.

Sur les autres changes, le yen a reculé de 0,24% à 156,18 yens pour un dollar, malgré des gains cumulés d’environ 2,6% depuis la clôture de mardi. Certains observateurs évoquent une intervention japonaise pour soutenir la monnaie, tandis que d’autres attribuent le mouvement à des anticipations d’un resserrement plus rapide de la Banque du Japon après des déclarations perçues comme plus bellicistes.