La saison des résultats des gestionnaires d’actifs alternatifs devrait placer le financement des centres de données au premier plan. Piper Sandler estime que les investisseurs examineront de près l’exposition de ces groupes aux infrastructures numériques et à l’intelligence artificielle, après un mois difficile pour plusieurs sociétés spécialisées dans le cloud.

La correction a touché à la fois les marchés d’actions et d’obligations. Elle reflète des interrogations sur les valorisations et sur la capacité des dépenses massives consacrées à l’IA à produire des rendements suffisamment rapides. Ces inquiétudes concernent directement les gestionnaires d’actifs alternatifs, qui jouent un rôle important comme prêteurs et sources de capitaux pour les centres de données et les infrastructures associées.

Piper Sandler considère les infrastructures numériques comme un facteur positif à long terme pour le secteur. À court terme, le courtier identifie néanmoins un risque de mauvaise presse et de questions plus insistantes sur la qualité des financements. Les dirigeants pourraient ainsi être amenés à défendre leurs hypothèses de rendement, leurs critères de sélection et la solidité des emprunteurs.

Le parallèle avec le crédit privé est instructif. Selon les analystes, les équipes de direction ont déjà dû répondre à des scénarios pessimistes sur la qualité des prêts directs, alors que celle-ci s’est globalement mieux maintenue que certaines attentes initiales. Les prochains résultats devront montrer si les financements liés à l’IA présentent une résilience comparable ou s’ils concentrent des risques plus spécifiques.

Blackstone ouvrira la saison des publications cette semaine. Ares Management et Blue Owl Capital doivent publier la semaine suivante. Pour les investisseurs, les commentaires de ces groupes seront presque aussi importants que les chiffres trimestriels : ils permettront d’évaluer le volume de capitaux engagés, la discipline de souscription et la vitesse à laquelle les projets de centres de données peuvent générer des revenus. Le thème reste porteur, mais le marché exige désormais davantage de preuves sur la rentabilité et la qualité du crédit.