Le fonds souverain norvégien pourrait élargir fortement son univers d’investissement dans la défense. Une commission mandatée par le gouvernement recommande de modifier les règles éthiques qui interdisent actuellement au fonds de détenir des entreprises participant à la fabrication d’armes nucléaires.
Le fonds, valorisé à environ 2 300 milliards de dollars, exclut aujourd’hui des groupes comme Airbus, Boeing, BAE Systems et Lockheed Martin. La liste comprend également Safran, Thales, Northrop Grumman, General Dynamics, L3Harris Technologies et plusieurs autres industriels. Ces exclusions ne sont pas fondées sur l’ensemble de leur activité, mais sur leur contribution à certains systèmes d’armement.
La réforme proposée créerait une dérogation pour les entreprises domiciliées dans des États dotés de l’arme nucléaire conformément au Traité sur la non-prolifération et alliés de la Norvège au sein de l’Otan. La commission estime ainsi que plusieurs sociétés européennes et américaines pourraient réintégrer l’univers autorisé.
Si elle était adoptée, la modification pourrait conduire à des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Il ne s’agit toutefois pas encore d’une décision : le gouvernement doit formuler ses propres propositions dans un livre blanc attendu au printemps 2027, puis le Parlement devra se prononcer. Certaines exclusions pourraient aussi subsister pour d’autres motifs éthiques.
Le débat dépasse la défense. Les dix premières positions représentent plus de 20 % de la valeur du portefeuille d’actions du fonds, avec une forte présence de grands groupes technologiques américains. Le ministre des Finances Jens Stoltenberg souligne que cette concentration renforce l’impact de décisions prises sur un petit nombre de sociétés et met en avant l’objectif de diversification.
Pour les investisseurs, la perspective est significative parce que le fonds norvégien est l’un des plus grands investisseurs institutionnels au monde. Une réintégration des groupes de défense créerait une nouvelle source potentielle de demande pour leurs actions. L’effet réel dépendra cependant du texte final, du calendrier politique et des allocations décidées par le fonds, qui ne sont pas encore connus.


