Le retour de l’automne remet le coût du chauffage au centre du budget des ménages. Au 1er octobre, le prix du gaz a augmenté de 6,3 %, et une nouvelle hausse de 6,6 % est annoncée pour le 1er novembre. L’électricité a progressé de 2,5 % au 1er août, tandis que le fioul s’est également fortement renchéri au cours de l’année. Un hiver rigoureux augmenterait encore la consommation et la facture totale, même en présence de mesures de gel tarifaire pour certains abonnés.
Dans ce contexte, le bois conserve un avantage économique important. Le coût moyen cité atteint environ 5 centimes par kilowattheure pour la bûche et 8 centimes pour les granulés, contre près de 18 centimes pour le gaz et 20 centimes pour l’électricité. Le prix du pellet s’est normalisé autour de 400 euros la tonne après avoir dépassé 600 euros pendant les tensions de 2022. La bûche subit une hausse plus limitée, estimée autour de 3 %, principalement liée au carburant utilisé par les exploitants.
Pourtant, cet écart de prix ne déclenche pas de ruée vers le chauffage au bois. Les professionnels décrivent un marché atone après le boom des ventes de poêles observé pendant la précédente crise énergétique. L’investissement initial reste conséquent : un poêle à granulés coûte environ 5 000 à 6 000 euros. La fin de certaines aides MaPrimeRénov’ réduit aussi l’attrait financier immédiat.
La pompe à chaleur constitue une autre concurrence. Son coût et sa performance dépendent du logement, mais certains modèles ont l’avantage d’être réversibles et de rafraîchir en été, une fonction devenue plus visible après les épisodes de chaleur. Le choix ne peut donc pas reposer sur le seul prix du kilowattheure : isolation, coût d’installation, entretien, durée d’usage et confort saisonnier doivent être comparés.
Pour les investisseurs, cette situation illustre un décalage entre avantage économique et demande réelle. Les acteurs du bois peuvent bénéficier de prix énergétiques élevés sans voir leurs volumes repartir immédiatement. À l’inverse, les entreprises liées à la rénovation énergétique restent dépendantes des aides publiques, du pouvoir d’achat et de la capacité des ménages à financer un équipement coûteux.

