Le gouvernement a abaissé pour la troisième fois sa prévision de croissance française en 2026. Initialement fixée à 1 %, elle avait été réduite à 0,9 % en avril, puis à 0,7 % en juillet. Elle s’établit désormais à 0,5 %, tandis que l’Insee anticipe une progression limitée à 0,4 %.

Le ralentissement est attribué à plusieurs chocs. La sécheresse et les vagues de chaleur auraient coûté environ 0,1 point de produit intérieur brut. La fermeture du détroit d’Ormuz aurait retranché autour de 0,2 point en pesant sur la consommation des ménages et les dépenses des entreprises. L’incertitude politique nationale aurait aussi freiné l’activité.

Pour 2027, le gouvernement maintient une hypothèse de rebond à 1 %, avec une inflation attendue à 1,8 % après 2,1 % en 2026. Cette prévision suppose une réduction progressive des tensions géopolitiques et un retour proche de la normale dans le détroit d’Ormuz. Elle reste donc très dépendante de facteurs extérieurs.

La dégradation conjoncturelle pèse directement sur les finances publiques. Le déficit, égal à 5,1 % du PIB en 2025, dépassera 5 % en 2026. Aucun objectif précis n’a encore été fixé pour 2027, mais le gouvernement estime que ses marges financières sont épuisées.

Le projet de budget doit être présenté le 30 septembre. Les pistes citées comprennent une moindre revalorisation de certaines pensions, une modification de l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites et une réduction de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. L’enjeu sera de réduire le déficit sans accentuer le ralentissement.