Les chiffres de la Caisse des dépôts confirment un léger retournement en juillet pour le Livret A: les dépôts ont dépassé les retraits de 80 millions d'euros, mettant fin à une séquence de six mois de décollecte. Ce sursaut est intervenu après l'annonce d'une remontée du taux du Livret A, porté à 1,7% au 1er août en réaction au regain d'inflation au premier semestre.

Cette hausse n'efface pas le recul subi en début d'année, quand le taux avait été abaissé à 1,5% et que le produit a connu sa pire performance semestrielle depuis près de vingt ans. La collecte observée en juillet reste modeste comparée aux flux de 2023-2025, période durant laquelle le taux était stabilisé autour de 3% et avait généré des entrées beaucoup plus soutenues.

Les livrets proches du Livret A n'ont pas tous bénéficié du même effet: le LDDS a encore enregistré une décollecte de 30 millions d'euros en juillet, signe que les ménages puisent toujours dans leur épargne de précaution. Au total, les encours combinés Livret A et LDDS s'établissaient à 608,4 milliards d'euros fin juillet, en légère baisse d'un milliard par rapport à l'an passé.

En parallèle, l'assurance‑vie a confirmé son attractivité sur le semestre: elle a été massivement plébiscitée grâce à la bonne rémunération des fonds en euros et à la hausse des cours actions, ce qui contraste avec la faible réaction durable observée sur les livrets réglementés. Les Livrets d'épargne populaire ont, eux, vu les retraits l'emporter de 90 millions en juillet, réduisant leurs encours à 83,4 milliards d'euros.

Le paysage montre donc une sensibilité forte des comportements d'épargne aux niveaux de taux et au contexte inflationniste, avec des transferts sélectifs vers les enveloppes offrant le meilleur rendement réel ou une exposition aux marchés.