Le marché obligataire australien a dépassé son record annuel d’émissions. Selon la Commonwealth Bank of Australia, les opérations réalisées en 2026 atteignaient lundi 326,7 milliards de dollars australiens, contre 324,7 milliards sur l’ensemble de 2024, précédent sommet historique.
La progression est large. Sur les neuf premiers mois, les émissions domestiques ont augmenté de 28 % sur un an. Les obligations dites « Kangaroo », placées en dollars australiens par des emprunteurs étrangers, ont progressé de 16,6 %. Les taux élevés, la profondeur de l’épargne nationale et la perception de finances publiques relativement solides attirent à la fois émetteurs et investisseurs.
Les besoins de financement liés à l’intelligence artificielle contribuent aussi à cette dynamique. Alphabet a réalisé en août sa première émission en dollars australiens, levant 5,5 milliards avec des maturités allant jusqu’à vingt ans. La demande a dépassé 18 milliards de dollars australiens, illustrant l’intérêt des investisseurs et l’utilité de cette devise pour diversifier les sources de financement.
Le marché australien des titres à revenu fixe a crû de 46 % en cinq ans pour atteindre 2 900 milliards de dollars australiens. La CBA prévoit 4 000 milliards d’ici 2031. La Banque centrale australienne constate également que le dollar australien figure désormais parmi les cinq principales devises d’émission obligataire non gouvernementale, alors qu’il occupait auparavant la septième ou huitième place.
Cette expansion s’accompagne de rendements plus élevés : le taux souverain australien à dix ans a atteint un sommet de quinze ans. Les obligations australiennes ont cependant mieux résisté que les bons du Trésor américain lors de la récente vente mondiale, ramenant leur écart de rendement à environ 10 points de base, contre 40 à la mi-septembre.
Pour les investisseurs internationaux, le marché gagne en liquidité et en diversification, mais ajoute un risque de change en dollar australien. Le record d’émissions améliore le choix de titres ; il ne supprime ni le risque de taux, ni le risque de crédit, ni la sensibilité aux décisions de la banque centrale.

