Kevin O’Leary élargit sa stratégie d’investissement aux cartes de sport rares. L’investisseur souhaite leur consacrer environ 5 % de son portefeuille et utilise pour cela Secure Collectibles, aux côtés du collectionneur Shyne et de l’entrepreneur Paul Warshaw. Leur ensemble d’actifs, baptisé WonderShyne Index, représenterait près de 100 millions de dollars d’achats.

La dernière acquisition est une carte consacrée au joueur de baseball Shohei Ohtani, achetée 11 millions de dollars. Elle contient des fragments d’un maillot porté en match et n’existerait qu’en un seul exemplaire. Cette unicité constitue le cœur de la thèse d’investissement : privilégier des biens rares dont l’offre ne peut pas être augmentée par une autorité monétaire.

O’Leary relie cette approche à la progression de la masse monétaire américaine M2, annoncée à 23 220 milliards de dollars en juillet. Le raisonnement rappelle celui avancé par certains détenteurs de bitcoin : face à une monnaie pouvant être créée en quantité croissante, un actif à offre limitée pourrait préserver une partie de sa valeur.

La comparaison s’arrête toutefois à la liquidité. Une carte unique ne dispose pas d’un marché continu et sa valeur dépend du prix qu’un acheteur acceptera le jour d’une éventuelle revente. Une carte Michael Jordan et Kobe Bryant, acquise 12,93 millions de dollars, est estimée à 17,05 millions, mais cette plus-value reste théorique tant qu’aucune transaction n’a lieu.

L’indice est également construit par les personnes qui sélectionnent les cartes et définissent les critères d’entrée. Il ne constitue donc pas un indice de marché indépendant. L’éventuelle ouverture du portefeuille à des investisseurs extérieurs a été évoquée, sans confirmation. Cette stratégie reste celle d’un collectionneur disposant de moyens importants, et non un modèle directement transposable à un portefeuille liquide.