La mission inhabituelle du chef de la CIA à Moscou a été présentée par le Wall Street Journal et CBS comme une mise en garde explicite destinée à dissuader la Russie d'attaquer un État membre de l'Otan. Les services de renseignement américains, cités par ces médias, estiment que Moscou pourrait chercher à « mettre l'alliance à l'épreuve », et le WSJ évoque même la possibilité d'une « attaque limitée » de la part de Vladimir Poutine dans les prochaines années.
Durant ce déplacement, John Ratcliffe a également évoqué la situation en Iran, menaçant de nouvelles sanctions si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert, selon les mêmes sources. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que la visite relevait d'échanges « entre services secrets » et a précisé que Ratcliffe n'avait pas rencontré le président Poutine. Peskov a qualifié les contacts de « positifs » tout en refusant de détailler les dossiers discutés et en estimant qu'il était trop tôt pour mesurer l'impact sur les relations russo-américaines.
La Maison Blanche n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP. Donald Trump, interrogé par Glenn Beck, a minimisé la portée de la visite, la qualifiant de « semi-routine » et niant qu'elle ait été destinée à aborder l'Iran ou des menaces russes contre l'Otan, ajoutant qu'« on aimerait que la guerre en Ukraine s'arrête ». Un appareil militaire américain a effectué un aller-retour entre Riga et Moscou mardi, selon Flightradar24, soulignant le caractère logistique et discret de ce déplacement.
Le voyage de Ratcliffe est notable: le dernier déplacement connu d'un directeur de la CIA en Russie remontait à novembre 2021, avant l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Pendant ce temps, les frappes à longue portée entre Russie et Ukraine se poursuivent et les efforts médiés par les États-Unis pour un règlement politique semblent au point mort.


