Le débat porte sur la proposition de Peter Todd d'introduire une émission résiduelle de bitcoins après la fin des subventions vers 2140, afin de maintenir une rémunération constante aux mineurs. Todd soutient que les revenus issus exclusivement des frais — après la disparition progressive de la subvention, qui vaut aujourd'hui 3,125 BTC par bloc — seraient trop volatils pour garantir la sécurité et la coopération des mineurs. Il modélise aussi l'effet des pièces perdues et affirme que l'émission résiduelle agirait comme un équilibre, non comme une inflation nette. Il cite Monero, qui dispose d'une faible récompense perpétuelle, comme exemple opérationnel où l'inflation apparente décroît vers zéro.
Adam Back rejette cette présentation et qualifie l'argumentaire de « faux récit » visant à dissimuler un changement fondamental par un habillage technique. Il rappelle le précédent du BIP-110, un soft fork controversé destiné à filtrer certaines données dans les blocs, qui n'a obtenu que 2,53 % de soutien minier contre un seuil requis de 55 % et n'a duré que deux blocs. Back et des commentateurs comme Trey Sellers estiment qu'un changement du calendrier d'émission nécessiterait un hard fork — donc l'accord de chaque détenteur — et échouerait probablement, ou provoquerait une pièce dissidente.
Au-delà des considérations politiques, la discussion met en lumière des préoccupations de sécurité. Les développeurs de Bitcoin Knots ont alerté sur des risques d'attaque, et des figures comme David Schwartz et Michael Saylor ont exprimé leurs réserves sur les conséquences d'une modification des règles de consensus. Le calendrier reste lointain (près de 30 halvings restants), et rien ne garantit que le marché des frais évoluera de façon à rendre nécessaire une réforme. Aucune décision n'est imminente et, comme le note la source, « aucun vivant aujourd'hui ne verra cette question tranchée ».


