Philippe Juvin, rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, a adressé le 31 août une lettre à une vingtaine de candidats déjà déclarés à la présidentielle 2027, les pressant de préciser leurs objectifs en matière de déficit public et de dette. Sa démarche, qualifiée d’«républicaine et impartiale», vise à fournir des éléments concrets à la commission des Finances pour «alimenter le débat présidentiel».

La lettre exige aussi que chaque candidat détaille les réformes structurelles envisagées sur les dépenses et les recettes, leur stratégie fiscale et les priorités du premier budget de leur quinquennat. Juvin insiste sur la nécessité de présenter des «instruments de gouvernance budgétaire» destinés à garantir le respect des trajectoires annoncées et à renforcer la transparence vis‑à‑vis des citoyens.

Le contexte justifiant cette initiative est préoccupant : la Cour des comptes a pointé en juin une dette publique à 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7% du PIB, et a mis en garde contre une progression vers un «niveau record». La charge des intérêts est actuellement autour de 78 milliards d’euros et pourrait franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie. Le déficit public est annoncé à 5% cette année, mais la mission sur la transparence des finances publiques a envisagé un niveau allant jusqu’à 5,9% et même 6,8% du PIB en 2030.

Juvin motive sa demande par la nécessité de «dire la vérité aux Français sur l’état de nos comptes et sur les marges de manœuvre réellement disponibles». Il laisse ensuite aux électeurs le soin d’évaluer les propositions, en espérant que des engagements formels permettront d’éclairer le débat démocratique sur les choix budgétaires à venir.