Le 11 août, le projet Bitcoin Knots, maintenu par Luke Dashjr, a annoncé à ses abonnés une prétendue attaque et un fort ralentissement de la production de blocs. Les données publiques de la blockchain contredisent cette lecture : la chaîne principale avait atteint la hauteur 961 963 le jour même, et les six derniers blocs avant le message étaient espacés en moyenne de moins de 10 minutes.

La « chaîne figée » évoquée par Knots est une chaîne dissidente contrôlée par le projet lui-même, dont le soft fork BIP-110 s’est arrêté au bloc 961 633 après n’avoir produit que deux blocs. Les mineurs n’ont jamais soutenu massivement cette scission : le soutien a culminé à environ 2,53 % malgré l’abaissement du seuil d’activation prévu de 95 % à 55 %, puis est retombé à zéro pendant la période de signalisation obligatoire, signant la mort rapide du fork initial.

L’affaire a suscité des accusations croisées : des partisans de Knots ont évoqué un sabotage par de grands pools, tandis que des voix extérieures, dont l’ex-CTO de Ripple David Schwartz et Adam Back, ont minimisé la portée et la crédibilité de la campagne. Les nœuds Bitcoin Core suivent la chaîne soutenue par presque toute la puissance de calcul, qui n’a jamais cessé de produire des blocs.

Parallèlement aux débats techniques, des faits concrets affectent la crédibilité du camp Knots : le pool OCEAN, cofondé par Luke Dashjr, a reconnu avoir redirigé des mineurs vers la chaîne minoritaire sans consentement explicite, puis vu son taux de hachage chuter de 96 %. Knots maintient cependant son plan : choisir un nouvel algorithme de proof-of-work via un tirage déterministe sur Discord le 11 août à 14h00 UTC, puis potentiellement lancer une chaîne dissidente d’ici le 1er septembre.

Sur le marché, Bitcoin était coté autour de 63 979 $, en baisse de 1,5 % sur la journée, les traders semblant peu réceptifs à la polémique. Reste à observer si la tentative de septembre attirera une puissance de minage significative là où la première initiative a échoué.