Le secteur européen du luxe aborde ses résultats trimestriels avec un risque supplémentaire venu de Chine. Pékin demande aux contribuables utilisant des comptes offshore de déclarer ces actifs avant le 22 octobre et de régler des arriérés d’impôts pouvant atteindre 20 %. Cette échéance pourrait réduire temporairement les liquidités disponibles chez les ménages les plus aisés, une clientèle jusqu’ici plus résistante que la classe moyenne chinoise.

L’enjeu est significatif : les consommateurs chinois représentent environ un cinquième des achats mondiaux de produits de luxe. Leur demande locale s’est pourtant déjà nettement affaiblie depuis la crise sanitaire. Des données portant sur les centres commerciaux de Chine continentale signalent par ailleurs une décélération marquée de la croissance, selon les analystes de Bernstein.

Ce nouveau frein intervient alors que le secteur subit déjà les effets du conflit avec l’Iran et du ralentissement de la consommation américaine. Les investisseurs ont sanctionné les grandes capitalisations : depuis le début de l’année, LVMH et Hermès ont perdu environ 40 %, atteignant des plus bas de plusieurs années, tandis que Kering a reculé de 29 %. Cette baisse reflète le doute sur la vitesse d’un redressement après trois années difficiles.

Les prochaines publications permettront de mesurer l’ampleur réelle du ralentissement. LVMH doit ouvrir la séquence lundi. Le consensus évoqué par la source table sur une hausse de 1 % de ses ventes trimestrielles sur un an. Kering et Hermès publieront le 22 octobre, le jour même de l’échéance fiscale chinoise. Kering a déjà averti sur les résultats de Gucci, ce qui a entraîné plusieurs révisions négatives de recommandations.

Pour les investisseurs, la question n’est pas seulement le niveau des ventes au trimestre écoulé. Il faudra observer la dynamique en Chine continentale, la résistance des clients les plus fortunés et les commentaires sur la fin d’année. Si la contrainte fiscale provoque surtout un report d’achats, l’effet pourrait rester temporaire. Une faiblesse prolongée indiquerait en revanche un problème de demande plus profond et retarderait la normalisation des marges.