Le spread entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans a franchi vendredi le seuil des 150 points de base, une première depuis fin 2011. Cet écart mesure la prime de rendement demandée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que des titres allemands de même maturité. Il atteignait 151 points de base à 11h06 GMT après un pic à 152.

Le mouvement intervient dans un contexte de tensions sur les marchés obligataires mondiaux, alimentées par les anticipations d'une politique monétaire plus restrictive face à l'inflation. La France subit toutefois une pression supplémentaire liée aux inquiétudes concernant ses finances publiques et sa capacité à réduire durablement ses dépenses.

Le rendement de l'OAT française à 10 ans s'établissait à 4,9274 % vendredi, en léger recul après avoir atteint la veille son niveau le plus élevé depuis 2002. La présentation d'un budget prévoyant 43 milliards d'euros de nouvelles coupes budgétaires pour 2027 n'a pas suffi à rassurer les investisseurs.

Moody's estime par ailleurs qu'un compromis sur le projet de budget reste incertain. L'agence souligne que les responsables politiques issus de l'élection présidentielle de 2027 resteront confrontés aux difficultés liées à la mise en œuvre d'un effort de consolidation budgétaire sur plusieurs années.