Le conflit social chez Micron à Taïwan franchit une nouvelle étape. Le syndicat représentant les salariés du site de Taoyuan a annoncé une grève jeudi, organisée au même moment qu’une réunion de médiation entre le fabricant américain de mémoires et le syndicat de son site de Taichung. Les deux collectifs contestent le système de participation aux bénéfices.
La mobilisation de Taoyuan vise à soutenir les négociations menées à Taichung et à pousser Micron à présenter une proposition concrète sur le partage des profits. Une précédente médiation entre l’entreprise et le syndicat de Taoyuan s’était terminée sans accord en septembre. Les adhérents avaient ensuite autorisé le recours à la grève au début du mois d’octobre.
L’enjeu dépasse la seule politique salariale, car les sites taïwanais produisent des mémoires DRAM et HBM. Les puces HBM, à large bande passante, sont des composants importants des serveurs dédiés à l’intelligence artificielle. Toute perturbation durable pourrait donc attirer l’attention des clients et des investisseurs dans un marché déjà très sensible aux capacités de production de mémoires avancées.
L’ampleur du risque reste néanmoins impossible à mesurer à ce stade. Le syndicat de Taoyuan n’a pas précisé la durée de la grève et doit communiquer davantage de détails jeudi. Le syndicat de Taichung, qui représente les salariés du plus grand site de Micron à Taïwan, poursuit pour sa part les négociations et n’a pas encore organisé de vote sur une éventuelle grève.
Micron emploie environ 15 000 personnes sur l’île et affirme y avoir investi plus de 1 600 milliards de dollars taïwanais, soit environ 49 milliards de dollars. Le président taïwanais Lai Ching-te a appelé l’entreprise et les salariés à négocier avec sincérité. Pour les investisseurs, le point décisif sera de savoir si la médiation débouche rapidement sur un accord ou si la mobilisation s’étend à la production de Taichung.

