En août, Statistique Canada rapporte une perte nette de 42 000 emplois au Canada, contrastant avec une attente de création d'environ 15 000 postes. Malgré ce recul, le taux de chômage national est demeuré à 6,4 %. La période d'avril à juillet avait été particulièrement dynamique, avec 181 000 emplois créés, dont 75 000 en juillet seul.

Le Québec a enregistré une baisse de 19 000 emplois en août, la seule province à afficher un recul sur 12 mois; la contraction s'est majoritairement produite à Montréal (-21 000). Toutefois, les taux de chômage provinciaux sont restés stables (5,6 % au Québec, 6,3 % à Montréal), ce qui conduit plusieurs économistes à privilégier l'indicateur du taux de chômage plutôt que la seule variation mensuelle de l'emploi.

Le secteur public a réduit ses effectifs de 20 000 postes pour un troisième mois consécutif, tandis que les services aux entreprises, l'administration publique, les ressources naturelles et les services publics ont été les plus touchés. Par contraste, la fabrication a créé 22 000 emplois en août, malgré des tensions commerciales récentes et de nouveaux droits de douane américains entrés en vigueur le 22 août.

Plusieurs explications sont avancées: effets de base et bruit statistique après une série de mois robustes, hausse des départs à la retraite liée au vieillissement démographique et ralentissement de l'immigration. Les salaires horaires ont ralenti, +2,0 % en glissement annuel, la plus faible progression depuis novembre 2017. Les économistes notent aussi que les données d'août peuvent ne pas capter l'impact intégral des mesures tarifaires, en partie en raison de timing dans les enquêtes.

Enfin, ces signaux de ralentissement confortent certaines banques dans l'hypothèse d'un maintien des taux directeurs, même si les marchés ont relevé la probabilité d'une hausse en octobre à plus de 25 % selon LSEG Data & Analytics.