Statistique Canada rapporte une perte nette de 42 000 emplois en août, mettant fin à une série de mois favorables après une création de 181 000 postes entre avril et juillet. Malgré ce recul, le taux de chômage national est demeuré inchangé à 6,4 %, et celui du Québec est resté à 5,6 %, Québec affichant toutefois une baisse de l’emploi sur 12 mois.
La contraction de l’emploi au Québec (-19 000) s’est concentrée à Montréal (-21 000). Au plan sectoriel, le secteur public a supprimé 20 000 postes pour le troisième mois consécutif, tandis que les services aux entreprises, l’administration publique, les ressources naturelles et les services publics ont été parmi les plus touchés. À l’inverse, l’industrie manufacturière a ajouté 22 000 emplois en août, un contre‑point notable malgré les droits de douane américains récemment imposés.
Les analystes consultés relativisent ces chiffres : pour Andrew Hencic (Banque TD), un seul mois de recul ne doit pas faire basculer l’analyse du marché du travail, et le maintien du taux de chômage est plus déterminant que la volatilité des emplois. Claire Fan (RBC) pointe le vieillissement de la population et le ralentissement de l’immigration comme facteurs structurels d’une croissance de l’emploi plus molle. Le taux de mise à pied mensuel s’est établi à 0,8 %, en léger retrait par rapport à l’an dernier.
Sur les salaires, le salaire horaire moyen a progressé de 2,0 % sur 12 mois, la plus faible hausse depuis novembre 2017, indiquant un ralentissement des pressions salariales. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, notant les incertitudes liées aux nouveaux droits de douane américains et aux risques inflationnistes externes. Les marchés accordaient alors un peu plus de 25 % de probabilité à une hausse de 25 points de base en octobre.

