Les marchés obligataires américains ont vu leurs taux longs s’envoler jeudi après des chiffres d’inflation plus chauds que prévu. Le rendement du bon du Trésor à 30 ans s’établissait à 5,35% vers 13h40 GMT, niveau inédit depuis 2007, les prêteurs exigeant des intérêts supérieurs pour compenser l’érosion future des prix et anticiper des relèvements de la Fed.
L’indice des prix à la production (PPI) a nettement réaccéléré, à +5,4% en glissement annuel contre +4,8% en juillet, principalement porté par un rebond des coûts énergétiques. Les investisseurs estiment qu’un contexte de prix durable justifie des rendements obligataires plus élevés sur la durée.
Le rendement à dix ans a atteint 4,92%, un sommet depuis 2023 (il était à 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran fin février), illustrant la rapidité de la remontée. La montée des taux n’est pas limitée aux États-Unis : au Royaume‑Uni, le 10 ans a touché 5,34% (plus haut depuis 2007) et le 30 ans 5,92% (plus haut depuis 1998).
Face à ce choc inflationniste, les banques centrales resserrent leurs politiques : la BCE a relevé ses taux jeudi et les marchés tablent sur une nouvelle hausse de la Fed la semaine prochaine. Parallèlement, les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, alimentent les craintes sur l’énergie et renforcent les pressions inflationnistes.
Dans ce contexte, les investisseurs demandent des rendements accrus pour préserver leurs marges, ce qui pèse sur le coût de financement à long terme et sur la valorisation des actifs sensibles aux taux.

