Delta Air Lines a nettement réduit ses objectifs annuels sous l’effet de la flambée du kérosène. La compagnie vise désormais un bénéfice ajusté compris entre 5,10 et 5,60 dollars par action en 2026, contre une fourchette précédente de 6,50 à 7,50 dollars. Le point médian, à 5,35 dollars, est également inférieur au consensus de 5,46 dollars compilé par LSEG.

La révision reflète une forte augmentation des coûts énergétiques. Delta estime que sa facture de carburant progressera d’environ 6 milliards de dollars sur l’année, alors qu’elle anticipait auparavant une hausse de 4 milliards. Cette différence de 2 milliards réduit directement la marge disponible, sauf compensation par des tarifs plus élevés, des économies supplémentaires ou une meilleure utilisation des capacités.

Le marché a immédiatement sanctionné cette dégradation : l’action perdait près de 5 % en préouverture, autour de 78,12 dollars. Les titres de United Airlines, Alaska Air et American Airlines reculaient parallèlement d’environ 1 %, signe que les investisseurs étendent une partie du risque à l’ensemble du secteur. Delta conservait néanmoins une avance boursière notable, avec une progression de 18,4 % depuis le début de l’année avant cette séance.

Pour les investisseurs, le point central devient la capacité de la compagnie à préserver ses marges malgré un poste carburant moins prévisible. Une hausse des prix des billets peut soutenir les revenus, mais elle risque aussi de freiner la demande. La sensibilité au pétrole, la discipline sur les capacités et l’évolution des réservations détermineront si cette baisse de prévision constitue un ajustement ponctuel ou le début d’une pression plus durable sur les bénéfices.