Visa se rapproche d’une entrée directe sur le marché chinois de la compensation des cartes bancaires. La Banque populaire de Chine lui a donné l’autorisation d’engager les préparatifs nécessaires au lancement d’une activité domestique. Cette décision constitue une étape réglementaire importante, mais elle ne vaut pas encore licence d’exploitation.
Le groupe dispose d’un délai d’un an pour achever son dispositif puis déposer une demande de licence. Il devra donc mettre en place l’infrastructure, les contrôles et les partenariats nécessaires avant de pouvoir traiter des paiements sur le marché intérieur. Visa arriverait derrière Mastercard et American Express, déjà présents, ce qui signifie que l’opportunité de croissance s’accompagne d’une concurrence installée.
L’action Visa progressait de 1,6 % à 395,66 dollars avant l’ouverture. Depuis le début de l’année, le titre gagnait 10,99 % à la clôture précédente, contre une hausse de 4,24 % pour Mastercard et une baisse de 15,80 % pour American Express. La réaction positive traduit l’intérêt du marché pour l’accès à l’un des plus grands univers de paiement au monde.
Pour les investisseurs, l’autorisation élargit le potentiel de long terme, mais plusieurs inconnues demeurent : calendrier réel d’obtention de la licence, dépenses de lancement, modèle de partenariat local, tarification et part de marché accessible. Les volumes chinois sont considérables, mais la conversion en revenus pour Visa dépendra des règles locales et de sa capacité à se différencier face aux réseaux de paiement déjà implantés. Il convient donc de distinguer la valeur stratégique de l’étape réglementaire d’un effet immédiat sur les bénéfices, qui n’est pas encore chiffrable.

