La Confédération marocaine des TPE‑PME (CM‑TPME) a publié un communiqué exigeant des candidats aux élections législatives des engagements écrits, précis, chiffrés et assortis d’un calendrier, en remplacement des annonces de campagne. L'appel, signé par Abdellah El Fergui, souligne que le bilan des cinq dernières années montre un décalage entre les promesses et les réalisations effectives pour les TPE.

La Confédération juge que des dispositifs publics comme Intelaka, Forsa ou Awrach, bien qu’intéressants en principe, n’ont pas suffisamment tenu compte des contraintes concrètes des TPE : un mécanisme est inefficace dès lors qu’une large part des entreprises ciblées n’y accèdent pas. Elle constate aussi l’absence de mesures législatives structurantes malgré l’existence d’un ministère dédié à l’inclusion économique et à la petite entreprise.

La CM‑TPME attire l’attention sur des indicateurs préoccupants : près de 150 000 entreprises ont disparu entre 2022 et 2025, ce qui traduit, selon elle, une détérioration du tissu entrepreneurial. Elle critique la réforme fiscale de 2023 qui a porté l’IS de 10 % à 20 %, demandant un retour à 10 % et la suppression des pénalités de retard pour les entreprises de bonne foi.

Autre revendication majeure, l’application d’un quota de 20 % de la commande publique en faveur des TPME, prévu depuis 13 ans mais resté sans effet selon la Confédération : appliqué sur un volume d’investissement public annuel supérieur à 350 MMDH, ce quota représenterait, d’après elle, plus de 70 MMDH par an pour les petites entreprises. Le mémorandum transmis aux partis liste 13 priorités allant du financement à la digitalisation et exige des réponses publiques à cinq questions ciblées sur mesures, délais, moyens, objectifs mesurables et contrôle.

La CM‑TPME ne donne pas de consigne de vote, mais demande aux formations politiques de traduire les promesses en engagements vérifiables et de reconnaître la place des TPE‑PME dans les instances de décision.