Les résultats semestriels 2026 confirment une inflexion stratégique pour Legrand. Le chiffre d’affaires a atteint 5,4 milliards d’euros, en hausse de 13,1% (croissance hors effet de change à 17,4%) ; la croissance organique ressort à 9,8%, un rythme qualifié d’exceptionnel pour un groupe de cette taille. La marge opérationnelle ajustée est restée quasiment inchangée à 20,8%, tandis que le bénéfice net a progressé de 11,2% pour s’établir à 698 millions d’euros, indiquant que la croissance ne se fait pas au détriment de la rentabilité.
Le moteur principal est l’exposition croissante aux data centers : ce segment représente désormais près d’un tiers du chiffre d’affaires et affiche une croissance organique supérieure à 30%. Legrand propose plus de 140 000 références couvrant alimentation électrique, câblage, baies informatiques et gestion énergétique, positionnant le groupe comme fournisseur clé des centres de données à haute densité nécessaires à l’IA. Cette transformation explique en grande partie la revalorisation boursière récente du titre.
La valorisation a évolué : avant les résultats, le ratio cours/bénéfice attendu pour 2026 approchait 28x ; après publication, il retombe autour de 23x, soit dans la moyenne des cinq dernières années selon l’analyste cité. Parallèlement, Legrand a annoncé sept opérations depuis le début de l’année totalisant environ 450 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel visé, principalement dans les infrastructures électriques, data centers et transition énergétique, renforçant son portefeuille technologique et sa présence géographique.
Géographiquement, le contraste est net : l’Europe du bâtiment reste atone, tandis que les États-Unis enregistrent une croissance organique proche de 27%, portée par data centers et électrification. La direction a relevé ses objectifs annuels, reflétant une confiance dans la dynamique alimentée par les investissements des hyperscalers cloud.


