Jeudi, la mise en place du nouveau système de clôture aux enchères en Inde a permis à plusieurs titres bancaires de terminer la séance à des niveaux sensiblement différents selon la bourse de cotation. IndusInd Bank a clôturé à 1.002,9 roupies sur le National Stock Exchange (NSE) après la fenêtre d’enchères de 20 minutes, contre 970 roupies sur le Bombay Stock Exchange (BSE), soit un écart d’environ 33 roupies — le plus important observé pour cet établissement en plus de vingt ans, selon Bloomberg. Des écarts significatifs ont également été relevés sur AU Small Finance Bank, IDFC First Bank et Federal Bank.
La séance a été marquée par de fortes tensions sur l’indice BSE Bankex, qui a plongé jusqu’à 3,3% pendant les enchères avant de limiter ses pertes et de finir la journée en baisse de 1,7%. L’indice a ensuite rebondi de 1% vendredi. La coïncidence avec l’expiration mensuelle des contrats d’options sur les indices BSE Sensex et Bankex, et une liquidité faible, ont accentué les mouvements erratiques sur certaines petites valeurs bancaires.
Les professionnels soulignent que l’incertitude sur le prix de clôture entre NSE et BSE rend l’arbitrage complexe voire impossible pendant la période d’enchères. « Je négocie sur plusieurs marchés à l’échelle mondiale et je n’ai jamais observé une telle dislocation où la même action clôture avec un écart pouvant atteindre 3% sur différentes bourses », a déclaré Mayank Bansal, trader de fonds spéculatif basé à Dubaï. Karthik P de Karna Stock Broking met en garde contre une perte de confiance des traders si la volatilité persiste.
Le dispositif mis en place le 03/08 affecte plus de 200 actions et a déjà attiré l’attention des régulateurs. Le Securities and Exchange Board of India (SEBI) a récemment interdit à deux sociétés, dont une filiale de JPMorgan Chase, d’opérer sur le marché pour des allégations de manipulation des enchères, signalant une surveillance renforcée face aux pratiques susceptibles d’exploiter ces nouvelles fenêtres de clôture.

