Pop Mart a subi une forte sanction à Hong Kong après avoir signalé un brutal retournement de ses ventes. L’action a reculé jusqu’à 6 %, à 123,8 dollars de Hong Kong, son niveau le plus bas depuis dix-huit mois. Le groupe prévoit une baisse de 45 % à 50 % de son chiffre d’affaires non audité au troisième trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente.\n\nLe ralentissement est mondial et particulièrement marqué hors de Chine. Dans les Amériques, les ventes ont chuté de 70 % à 75 %. La région Asie-Pacifique hors Chine affiche un repli de 65 % à 70 %, tandis que l’Europe et les autres marchés reculent de 50 % à 55 %. Le marché chinois résiste relativement mieux, mais enregistre tout de même une baisse de 25 % à 30 %. Les ventes en ligne en Chine diminuent de 45 % à 50 %.\n\nCes chiffres montrent que la faiblesse ne se limite ni à un pays ni à un canal de distribution. Elle est principalement liée à l’essoufflement de la demande pour Labubu, la gamme de figurines qui avait porté la croissance grâce à un engouement viral. Pop Mart n’a pas encore lancé de produit capable de produire un succès comparable. Le risque principal devient donc la concentration de la croissance autour d’une seule propriété intellectuelle dont la popularité peut évoluer rapidement.\n\nPour l’investisseur, la baisse du titre ne doit pas être analysée uniquement à partir de son ampleur quotidienne. Un recul de près de moitié du chiffre d’affaires traduit un changement opérationnel majeur et peut affecter les économies d’échelle, les stocks et la rentabilité, même si ces effets ne sont pas encore chiffrés dans les informations disponibles. L’entreprise devra prouver que son portefeuille de personnages peut prendre le relais de Labubu et que son expansion internationale ne reposait pas seulement sur un phénomène de mode.\n\nLa Chine constitue un point de vigilance particulier. Son recul moins prononcé offre un socle plus résistant, mais la faiblesse du commerce en ligne indique que la demande domestique n’est pas épargnée. À l’international, les contractions supérieures à 50 % suggèrent que la notoriété acquise n’a pas encore produit une base de revenus stable.\n\nLe prochain test sera la capacité de Pop Mart à stabiliser ses ventes, renouveler son offre et clarifier ses perspectives. Tant qu’un nouveau moteur de croissance n’est pas identifié, le niveau plus bas de l’action ne suffit pas à établir une décote attractive.