Le secteur des services publics canadiens affiche une performance notable en 2026, l’indice Morningstar Canada Utilities All Cap Target Market Exposure Capped progressant de 14% depuis le début de l’année, contre 11,6% pour l’indice Morningstar Canada et 11,5% pour le S&P/TSX Composite. Les analystes attribuent ce rebond à deux moteurs principaux : l’essor de la demande en électricité lié aux centres de données alimentant les projets d’intelligence artificielle, et l’afflux d’investisseurs cherchant des valeurs défensives dans un contexte de volatilité marqué notamment par la guerre en Iran.
Fortis (pondération 20,2%) et Emera (17,2%) ont été les contributeurs les plus importants, Fortis ajoutant 3,5 points de pourcentage à la performance de l’indice et Emera 2,8 points. D’autres noms cités comme exposés à la tendance IA comprennent Capital Power et Brookfield Renewable, tandis que les services publics réglementés tels qu’Emera et Hydro One profitent indirectement via des investissements dans le transport et la modernisation des réseaux.
Les fondamentaux structurels — électrification, modernisation des réseaux et augmentation des plans d’investissement — soutiennent la thèse d’une croissance durable des entreprises du secteur. Des acteurs comme ITC (filiale de Fortis aux États-Unis) anticipent une croissance annuelle de la demande de 18% sur 20 ans, illustrant l’ampleur de l’opportunité côté transport d’électricité. Les entreprises réglementées améliorent aussi leur visibilité de revenus grâce à l’élargissement de la base d’actifs réglementés.
Toutefois, deux limites apparaissent clairement : la sensibilité aux taux d’intérêt et des valorisations élevées. Les rendements obligataires à 10 ans sont à 3,56% et la Banque du Canada maintient un taux directeur à 2,25% CA ; ceci réduit l’attrait relatif des dividendes. Le ratio cours/bénéfices du secteur tourne autour de 22x contre 16x pour le marché, ce qui pousse certains gestionnaires à recommander la prudence et à privilégier d’autres secteurs comme l’énergie ou les matériaux.
Les observateurs recommandent de surveiller l’évolution réglementaire (notamment les taux de rendement autorisés sur les capitaux propres) et la trajectoire des dépenses d’investissement des réseaux, qui détermineront la durabilité de la croissance des bénéfices.

