La contestation du projet gouvernemental de réduction du « tarif agent » s’est traduite par un mouvement à la centrale nucléaire de Flamanville. Le 11 septembre, quelques agents grévistes ont abaissé la puissance du réacteur numéro deux à 260 MW, contre une capacité maximale de 1 300 MW. EDF a indiqué que cette baisse n’avait pas de conséquence sur la sécurité d’approvisionnement électrique.
Le dispositif visé concerne les salariés et les retraités du groupe. Selon la Cour des comptes, ses bénéficiaires paient moins de 2 % des tarifs moyens de l’électricité ou du gaz facturés aux autres consommateurs. Pour EDF, l’avantage a représenté plus de 700 millions d’euros en 2024. Les magistrats financiers estiment ce coût disproportionné et considèrent que le système ne peut pas rester inchangé.
Les organisations syndicales défendent au contraire cet avantage comme une composante de la rémunération des agents. À Flamanville, elles ont choisi de réduire la puissance du deuxième réacteur tout en maintenant en activité le premier, qui devait initialement être arrêté pour maintenance. Cette action locale a précédé un appel national à la grève lancé par la CGT, la CFE-CGC, la CFDT et FO pour le 15 septembre.
Un rassemblement est également prévu devant le ministère de l’Économie à Paris. Les syndicats avaient déjà écrit au Premier ministre à la mi-juillet pour demander le maintien du tarif. Le conflit oppose donc directement l’objectif de réduction d’un avantage jugé coûteux à la volonté des salariés de préserver un élément historique de leur rémunération.


