Wells Fargo a publié un bénéfice net de 5,95 milliards de dollars au troisième trimestre, soit 1,87 dollar par action, contre 5,59 milliards et 1,66 dollar par action un an plus tôt. La progression repose notamment sur l’expansion du portefeuille de prêts et sur l’amélioration des revenus nets d’intérêts, qui ont augmenté de 5 % à 12,52 milliards de dollars.
La banque bénéficie désormais d’une plus grande liberté d’allocation de son bilan depuis la levée par la Réserve fédérale du plafond réglementaire qui limitait ses actifs. Elle a développé les crédits à la consommation, notamment les cartes de crédit et les prêts automobiles. Son directeur général Charlie Scharf indique que les données internes restent solides pour les clients particuliers et professionnels, malgré une confiance économique mitigée.
Les marges profitent aussi du réinvestissement d’actifs arrivés à échéance dans des instruments mieux rémunérés. Cette mécanique soutient les revenus à court terme, mais elle comporte un revers : une nouvelle hausse des taux pourrait renchérir le financement, affaiblir l’activité économique et dégrader progressivement la qualité du crédit.
Le marché conserve donc une lecture prudente. L’indice KBW des banques a perdu plus de 12 % depuis ses sommets d’août. Wells Fargo reculait de 1,5 % avant l’ouverture et affichait une baisse supérieure à 10 % depuis le début de l’année à la clôture de lundi. Pour les investisseurs, la publication confirme une amélioration opérationnelle, mais ne dissipe pas la question du cycle. La capacité de la banque à transformer la levée de ses contraintes en croissance rentable devra être évaluée conjointement avec le coût des dépôts, les défauts sur crédits et l’évolution de la demande de prêts.


