Les statistiques de l'emploi américain publiées vendredi ont pris les marchés à contrepied : le marché du travail a perdu 23.000 emplois en juillet alors que le consensus attendait +83.000, et les créations d'emploi de mai-juin ont été révisées à la baisse de 103.000. Ces chiffres, jugés « pas bons d'un point de vue économique » mais favorables aux perspectives de taux, ont ravivé l'idée que la Réserve fédérale pourrait maintenir son taux directeur plutôt que de relever encore son niveau dès septembre.
Sur les places financières, la réaction a été nette. Le S&P 500 a inscrit un nouveau record de clôture à 7.757,64 points (+0,62%), le Nasdaq a gagné 1,30% et le Dow Jones 0,28%. En Europe, Paris a fini à 8.714,93 points (+0,17%), Francfort à 26.319,45 pts (+0,69%) et Milan à 53.717,19 pts (+0,06%), Londres progressant de 0,31% à 10.901,09 pts. Les commentaires d'Art Hogan (B. Riley) et de Patrick O'Hare (Briefing.com) soulignent que la Fed doit désormais concilier lutte contre l'inflation et objectif de plein emploi, ce qui réduit le risque immédiat d'un durcissement monétaire.
La détente s'est aussi transmise aux taux souverains : le rendement du Treasury à 10 ans est retombé à 4,65% (contre 4,68% la veille) et le deux ans à 4,20% (4,25% la veille). En Europe, le Bund 10 ans valait 3,12% et l'OAT 3,90%. Sur le forex, l'euro s'est apprécié face au dollar à 1,1557 USD.
Les marchés ont toutefois fait peu de cas de la hausse des cours du pétrole : le Brent a gagné 1,29% à 83,55 USD le baril et le WTI 1,15% à 78,18 USD. Les tensions au Moyen-Orient — incertitudes sur une réouverture du détroit d'Ormuz, attaques attribuées à l'Iran et revendications de frappes par les Houthis — expliquent la nervosité persistante sur le marché pétrolier, selon Commerzbank et ING.

