Wall Street a enregistré sa troisième séance consécutive de repli : le S&P 500 a perdu 0,7%, le Dow Jones 0,2% et le NASDAQ Composite 1,3% — sa plus forte baisse depuis le 29 juillet 2022. Les valeurs technologiques et les fabricants de semi‑conducteurs ont été les plus touchés : l’indice Philadelphia Semiconductor a chuté de 5%, Nvidia a cédé 2,3% et Micron Technology a reculé de 7%.
Le marché obligataire a dominé le sentiment : le rendement du bon du Trésor américain à 30 ans a grimpé jusqu’à 5,335% lors de la séance, un plus haut depuis juin 2007, avant de se détendre autour de 5,29%. Le rendement à 10 ans a clôturé près de 4,71%. Ces hausses de rendements augmentent le taux d’actualisation appliqué aux bénéfices futurs, pénalisant surtout les valeurs de croissance sensibles aux taux.
Les rendements souverains mondiaux ont également atteint des sommets pluriannuels, alimentés par des préoccupations sur l’inflation, les déficits budgétaires et les besoins d’emprunt des États. La progression du pétrole a renforcé ces craintes : le Brent a poursuivi ses gains au‑delà de 91$ le baril, dans un contexte d’incertitude lié aux tensions entre les États‑Unis et l’Iran et au statut du détroit d’Ormuz. Le président Trump a indiqué qu’aucune négociation n’était prévue avec l’Iran et qu’un blocus naval restait en vigueur, position démentie par l’Iran.
Les investisseurs attendent par ailleurs les minutes de la réunion de juillet de la Réserve fédérale, qui pourraient détailler les dissensions internes (trois présidents de banques régionales ont voté contre le maintien des taux). Du côté des entreprises, Home Depot a publié des résultats meilleurs qu’attendu avec la plus forte croissance des ventes comparables depuis le T3 2022, tandis que Walmart et Target doivent publier leurs chiffres cette semaine. Malgré les reculs, le S&P 500 reste à environ 1,3% de son record de clôture atteint la semaine précédente.

