Wall Street s’oriente vers une ouverture en baisse sous l’effet combiné du pétrole, des taux et d’un regain de prudence envers les valeurs technologiques. Vers 6h14 à New York, le contrat à terme sur le Dow Jones perdait 0,78 %, celui sur le S&P 500 0,40 % et celui sur le Nasdaq 100 0,57 %.

Le Brent progressait de plus de 4 %, soutenu par les attaques contre le trafic maritime dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz. Aux États-Unis, un ouragan menaçant les installations offshore avait également réduit la production. Cette tension sur l’énergie réactive les craintes inflationnistes au moment où le rendement du Treasury à dix ans atteignait 5,34 %.

Les semi-conducteurs restaient sous pression malgré la publication d’un bénéfice trimestriel record par Samsung Electronics. En préouverture, Nvidia reculait de 0,6 %, Broadcom de 1,4 % et Micron de 1,2 %. Le marché s’interroge sur la soutenabilité financière de l’essor de l’intelligence artificielle, notamment après des informations évoquant un projet de levée de 50 milliards de dollars par Broadcom pour financer OpenAI et un recours également envisagé au marché de la dette par Oracle.

Ces besoins de capitaux pourraient intensifier la concurrence entre entreprises et États sur le marché obligataire. Un coût de financement plus élevé réduit la valeur actuelle des bénéfices futurs et pèse particulièrement sur les entreprises technologiques dont la valorisation repose sur une croissance à long terme.

Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale, a laissé ouverte la possibilité d’une pause lors de la prochaine réunion, tout en jugeant que de nouvelles hausses pourraient être nécessaires pour ramener l’inflation à 2 %. Les opérateurs anticipent majoritairement un statu quo en octobre, mais n’excluent pas un relèvement en décembre.

Wolfspeed se distinguait avec une hausse de 16,6 % après un engagement de prêt conditionnel de 1,5 milliard de dollars du ministère américain de la Défense. Applied Digital progressait également après avoir plus que quadruplé son chiffre d’affaires trimestriel. La séance devrait donc combiner une pression macroéconomique générale et des réactions très différenciées selon les annonces d’entreprise.