Les autorités américaines ont mis en place des droits de douane de 50 % visant environ 20 milliards de dollars d'exportations canadiennes, couvrant des centaines de produits tels que le contreplaqué, les boissons alcoolisées, les équipements électriques et le matériel de hockey. L'annonce suit l'effondrement de négociations où chaque camp rejette la responsabilité : Washington accuse Ottawa d'avoir introduit de nouvelles exigences et de s'être rétracté sur des engagements, tandis que le Canada dénonce des modifications de dernière minute jugées injustes et économiquement préjudiciables.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a pointé des revirements canadiens qui, selon lui, ont rompu l'équilibre trouvé après plusieurs jours de pourparlers. De son côté, le Premier ministre Mark Carney a promis une réponse « dollar pour dollar » et a exclu toute restriction sur les livraisons de ressources naturelles, en particulier le pétrole brut, la potasse et les minéraux critiques, qui sont expressément exclus des nouvelles mesures. Le Canada fournit aux États-Unis plus de 4 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers, un élément clé rappelé dans les échanges.

Un projet d'accord en discussion aurait réduit certains droits américains sur l'acier et l'aluminium canadiens de 50 % à 25 % et abaissé les droits sur les automobiles canadiennes à 15 %. Ottawa aurait, en contrepartie, dû lever des représailles antérieures, notamment des droits sur les véhicules américains, et assouplir des restrictions provinciales sur la vente de boissons alcoolisées américaines. L'administration Trump avait annoncé un accord puis accordé une prolongation de trois jours pour finaliser les détails, sans accord finalisé.

Les droits ont été imposés en vertu d'une disposition du Tariff Act de 1930, rarement utilisée, permettant d'imposer des mesures contre des pays jugés discriminatoires envers le commerce américain. Ottawa dit étudier d'autres options de représailles, soutenu par une opinion publique favorable, tandis que les deux gouvernements restent sur des positions opposées sur les causes de l'échec des négociations.