Les stratèges actions présents sur CNBC, dont Jenny Harrington (Gilman Hill Asset Management), estiment que ni les résultats de Nvidia mercredi ni le discours de Kevin Warsh vendredi à Jackson Hole n'altéreront significativement le marché actions, la croissance des bénéfices restant selon eux le principal moteur du rallye.

Du côté crypto, le diagnostic est moins unanime. Plusieurs observateurs relient la hausse récente du Bitcoin à l'élargissement par le Trésor de son programme de rachats d'obligations la semaine précédente, qui a fait baisser les rendements longs et augmenté la liquidité—une dynamique que Gautam Chhugani (Bernstein) qualifie d'historique plutôt que d'épisode isolé. Arthur Hayes (BitMEX) a avancé un raisonnement analogue, estimant qu'éviter les actifs risqués après la décision du Trésor serait une erreur.

Mais tous ne pensent pas que la réaction soit déjà complète. QCP Capital avait, avant le rallye, décrit la configuration du Bitcoin comme « équilibrée » et a noté que la zone actuelle était testée sans être franchie. Oscar Munoz (TD Securities) va plus loin en jugeant que la rareté des prises de parole de Warsh depuis mai a entamé la crédibilité de la Fed, ce qui confère à son allocution un potentiel d'impact tangible.

La crypto intègre aussi un facteur absent des actions : la sensibilité aux signaux réglementaires et aux liens personnels des responsables. Warsh s'est désengagé d'actifs liés à la blockchain avant sa confirmation et a nommé un investisseur Bitcoin pour codiriger un groupe de travail de la Fed. Le moindre commentaire sur la régulation des actifs numériques pourrait donc déplacer Bitcoin indépendamment des débats sur les taux.

En somme, l'argument selon lequel « tout est déjà dans les cours » paraît plus solide pour les actions, en raison des bénéfices anticipés, que pour la crypto, où la liquidité et les signaux de régulation continuent de créer de l'incertitude et des opportunités de volatilité.