Les hedge funds ont diminué leur exposition nette aux actions mondiales après une semaine difficile pour leurs positions vendeuses. Selon les données du bureau Prime de Goldman Sachs portant sur la semaine achevée jeudi, les fonds fondamentaux long/short ont perdu 1,3 %, contre une baisse de 0,8 % pour l’indice MSCI World. La partie courte des portefeuilles explique l’essentiel de cette sous-performance. Les fonds systématiques ont également reculé de 1,3 %, là encore principalement en raison de leurs paris baissiers.
La séquence dégrade un mois d’octobre déjà compliqué. Les fonds fondamentaux long/short affichent désormais une perte mensuelle de 3,7 %, contre 2,5 % au 19 octobre. Leur performance depuis le début de l’année reste positive, mais elle s’est réduite à 8,9 %. Ce décalage avec le marché illustre un risque classique des stratégies acheteuses et vendeuses: une sélection de titres défavorable peut peser même sans fort mouvement de l’indice.
La réaction des gérants est particulièrement instructive. Plutôt que de fermer massivement les positions courtes qui perdaient de l’argent, ils ont surtout vendu des positions longues pour diminuer le risque global. Les actions mondiales ont ainsi subi des ventes nettes pour la troisième semaine consécutive. Le montant des ventes de positions longues a dépassé celui des rachats de positions courtes dans un rapport de 3,4 pour 1.
Conséquence, le levier net des fonds fondamentaux long/short est tombé à 47 %, son niveau le plus faible depuis un an. Le levier brut a toutefois légèrement augmenté, ce qui signifie que l’activité totale des portefeuilles reste élevée même si leur biais directionnel devient plus prudent. L’Europe fait figure d’exception parmi les grandes régions, avec des achats nets. Mais ceux-ci proviennent surtout de rachats de positions vendeuses, et non d’une conviction acheteuse renouvelée.
Pour les investisseurs, ce repositionnement peut avoir deux effets. À court terme, la réduction des positions longues constitue un frein pour les titres les plus détenus par les fonds. À l’inverse, le maintien de positions courtes concentrées crée un risque de rebond brutal si le marché se redresse. Les vendeurs seraient alors contraints de racheter rapidement des actions, alimentant un short squeeze.
Il ne faut cependant pas interpréter ces flux comme une prévision certaine de baisse ou de hausse. Ils décrivent le positionnement d’une catégorie d’investisseurs à un instant donné. La prudence est d’autant plus nécessaire que les fonds détiennent leurs positions longues les plus faibles depuis un an: une amélioration des nouvelles macroéconomiques ou des résultats d’entreprises pourrait provoquer un retour rapide du risque, tandis qu’une nouvelle dégradation prolongerait les ventes.


