Le marché mondial des smartphones a connu son plus mauvais troisième trimestre depuis quatorze ans. Selon les estimations préliminaires de Counterpoint Research, les livraisons ont chuté de 20 % sur un an, sous l’effet d’une hausse du coût des puces mémoire et de tensions d’approvisionnement.
La demande liée aux infrastructures d’intelligence artificielle absorbe une partie des stocks de mémoire disponibles. Cette concurrence sur les composants renchérit la production des téléphones et conduit les fabricants à relever leurs prix, réduire leurs volumes et privilégier les appareils les plus rentables. Du côté des consommateurs, les cycles de remplacement s’allongent, tandis que les modèles reconditionnés et haut de gamme gagnent en intérêt.
Samsung est resté numéro un avec 23 % du marché. Ses livraisons ont néanmoins diminué de 3 % sur un an, malgré la demande pour la gamme Galaxy Z Fold8 et un approvisionnement stable pour ses appareils de milieu de gamme. Apple a atteint 22 % de part de marché, dépassant 20 % pour la première fois lors d’un troisième trimestre, même si ses expéditions ont reculé. Counterpoint attribue notamment la faiblesse de l’approvisionnement des canaux au lancement à l’absence d’un iPhone 18 d’entrée de gamme, contrairement à la gamme complète d’iPhone 17 un an auparavant.
La pression a été plus forte chez plusieurs fabricants chinois. OPPO et vivo ont enregistré des baisses de livraisons supérieures à 20 %. Xiaomi a subi un recul de plus de 30 %, ramenant sa part de marché à 10 %, après avoir réduit son exposition aux appareils bon marché et à certains marchés étrangers pour protéger ses marges.
Pour les investisseurs, le signal est double. Les volumes se contractent fortement, ce qui pèse sur les fabricants et leur chaîne de fournisseurs. Mais la montée en gamme et la discipline tarifaire peuvent amortir l’impact sur la rentabilité. La disponibilité et le prix de la mémoire resteront donc déterminants pour le rythme d’une éventuelle reprise.


