Les marchés mondiaux ont marqué le pas après leurs récents sommets, rattrapés par une combinaison défavorable pour les investisseurs : pétrole plus cher, rendements obligataires sous pression et regain d’inquiétude autour des finances publiques françaises. À Wall Street, le S&P 500 cédait 0,6 % et le Nasdaq 0,85 %, tandis que l’indice mondial MSCI reculait de 0,9 %. En Europe, le Stoxx 600 perdait 1,1 %, se rapprochant de son plus bas niveau depuis juin.
Le mouvement sur l’énergie a renforcé la prudence. Le Brent progressait de 1,65 % à 102,24 dollars le baril et le brut américain WTI de 1,34 % à 90,64 dollars. Le marché intégrait à la fois une tempête menaçant des zones pétrolières américaines et de nouvelles attaques des Houthis visant l’Arabie saoudite. Une hausse durable du pétrole compliquerait la trajectoire de désinflation et pourrait limiter la marge de manœuvre des banques centrales.
En zone euro, l’attention s’est concentrée sur la France. L’écart entre les rendements souverains français et allemands à dix ans s’est élargi d’environ 11 points de base pour atteindre 140 points de base, après avoir approché 160 points la semaine précédente. Cette prime reflète les interrogations sur la dette française, le contexte politique et l’échéance présidentielle de 2027. Elle nourrit aussi la crainte d’une fragmentation financière au sein de la zone euro.
L’euro a reculé de 0,7 % face au dollar, à 1,118 dollar, après avoir touché plus tôt dans la semaine un creux de dix-sept mois à 1,1161 dollar. La divergence anticipée des politiques monétaires et les tensions sur les dettes souveraines ont renforcé la pression sur la devise. Les prochaines minutes de la Réserve fédérale et les adjudications du Trésor américain seront scrutées pour déterminer si les taux peuvent se stabiliser ou continuer à peser sur les valorisations.


