La Bourse indonésienne a amorcé un rebond après deux séances de ventes massives déclenchées par un avertissement de MSCI. L’indice de référence de Jakarta a progressé d’environ 3 % mardi, après avoir perdu 14,8 % entre vendredi et lundi et touché son plus bas niveau depuis six ans. La destruction de valeur sur deux jours est estimée à 82 milliards de dollars.
MSCI envisage de faire passer l’Indonésie du statut de marché émergent à celui de marché autonome, ce qui pourrait entraîner son retrait des grands indices mondiaux. Cette catégorie est plus pénalisante qu’un classement parmi les marchés frontières, car elle ne bénéficierait pas des flux de fonds suivant ces indices. Goldman Sachs estime qu’un tel scénario pourrait provoquer plus de 5 milliards de dollars de sorties de capitaux.
Face à la chute, la Bourse d’Indonésie a réduit la limite quotidienne de baisse de 15 % à 7 %. Elle a également étendu aux actions cotées jusqu’à 14 roupies une limite de baisse minimale d’une roupie. Les ordres placés sous les seuils autorisés sont automatiquement rejetés. Ces mesures ralentissent mécaniquement les ventes, mais elles ne résolvent pas les préoccupations de fond qui ont conduit MSCI à lancer son avertissement.
Les autorités ont rencontré le fournisseur d’indices et annoncé des initiatives pour améliorer la transparence du marché et lutter contre les opérations concertées. La roupie s’est légèrement raffermie à 18 010 pour un dollar, mais reste proche de son plus bas historique de 18 190 atteint en juin. La pression touche donc à la fois les actions et la devise.
Pour les investisseurs internationaux, le véritable catalyseur sera la réponse apportée aux exigences de MSCI. Tant que le risque de reclassement subsiste, le rebond peut rester fragile. Les restrictions de négociation peuvent contenir la volatilité visible à court terme, mais elles peuvent aussi retarder l’ajustement des prix et compliquer les sorties de portefeuille.


