La remontée du rendement des bons du Trésor américain à 10 ans suscite de fortes tensions sur les marchés, mais le directeur général de BNY invite à replacer ce mouvement dans une perspective historique. Robin Vince estime qu’un taux autour de 5,25 % n’est pas inédit et que la période de rendements exceptionnellement bas a davantage constitué l’anomalie.
La vitesse du mouvement reste néanmoins remarquable. Entre juillet et septembre, le rendement du Treasury à 10 ans a enregistré sa plus forte hausse depuis 1994. Ce taux sert de référence à de nombreux coûts d’emprunt et modèles de valorisation dans le monde : sa progression renchérit le financement des entreprises, réduit la valeur actuelle des bénéfices futurs et offre aux investisseurs une alternative plus rémunératrice aux actions.
BNY attribue cette tension à la vigueur de l’économie américaine, combinée à des prix de l’énergie élevés et aux investissements liés à l’intelligence artificielle. Ces facteurs soutiennent l’activité, mais entretiennent aussi les pressions inflationnistes et la perspective de taux durablement élevés.
Pour BNY, ce contexte constitue également un soutien opérationnel. Le bénéfice attribuable aux actionnaires ordinaires a progressé de 20 % à 1,61 milliard de dollars au trimestre clos fin septembre, soit 2,34 dollars par action. Les actifs sous garde et sous gestion ont augmenté de 10 % sur un an pour atteindre 63 400 milliards de dollars.
Le produit net d’intérêts représente environ 25 % du chiffre d’affaires de la banque. BNY bénéficie de la possibilité de réinvestir les liquidités provenant de titres arrivant à échéance à des rendements supérieurs. La direction anticipe aussi une hausse des dépôts moyens au quatrième trimestre, parallèlement à l’activité des clients.
Pour les investisseurs, le message comporte deux dimensions. Des taux plus élevés peuvent soutenir les revenus de certaines institutions financières, mais ils fragilisent les actifs à duration longue, les emprunteurs fortement endettés et les secteurs à dividendes concurrencés par les obligations souveraines. Le niveau absolu du rendement importe donc autant que la rapidité de son évolution et sa durée.


