En fin de semaine, les autorités américaines ont imposé un tarif de 50 % sur environ 28 milliards $ de produits canadiens après l’échec des négociations commerciales. Les secteurs visés incluent le ciment, le miel, l’alcool et les textiles ; l’ensemble représente près de 5 % des exportations canadiennes vers les États‑Unis. Ottawa a annoncé une riposte par des droits de douane équivalents applicables à partir du 8 septembre.

La Banque de Montréal évalue l’effet direct de ces mesures à une contraction de 0,5 point de pourcentage de la croissance canadienne, avec des répercussions attendues sur l’investissement des entreprises et la confiance des acteurs économiques. Avant ces tensions, Statistique Canada estimait une reprise notable au deuxième trimestre 2026 après deux trimestres légèrement contractés, ce qui rend la coïncidence particulièrement préjudiciable au redressement.

Les analystes soulignent aussi une augmentation sensible du taux tarifaire effectif du Canada : selon Capital Economics, il serait passé de 2,9 % à 5,6 %, d’autres instituts le situant entre 5 % et 9 %. Cette hausse érode l’avantage tarifaire relatif du Canada et accroît l’incertitude sur l’avenir du libre‑échange en Amérique du Nord, ce qui pèse sur les décisions d’investissement et complique la renégociation de l’ACEUM.

Sur le plan monétaire et des prix, les économistes estiment que la Banque du Canada sera incitée à maintenir ses taux inchangés. Les droits de douane de rétorsion peuvent alimenter l’inflation via des hausses de prix importés, mais cet effet devrait en grande partie être neutralisé par un ralentissement de la croissance résultant de la guerre commerciale. Enfin, la menace américaine d’appliquer des droits de 50 % sur les automobiles et pièces dès le 1er janvier 2027 ajoute un risque de nouvelle escalade qui pourrait accentuer l’impact négatif sur l’économie canadienne.