Les États-Unis ont récemment imposé des droits de douane de 50 % sur une sélection de produits canadiens représentant environ 5 % des exportations vers ce marché. Cette décision intervient après la rupture des négociations commerciales et touche des secteurs variés, du ciment au miel en passant par l’alcool et les textiles.
Les analystes tirent la sonnette d’alarme : la Banque de Montréal anticipe une perte d’environ un demi-point de pourcentage pour la croissance canadienne, avec des répercussions sur les décisions d’investissement et la confiance des entreprises. Avant cette escalade, les premières estimations de Statistique Canada faisaient état d’un rebond du PIB réel au deuxième trimestre 2026, après deux trimestres de contractions modérées.
Les économistes de Capital Economics et de la Banque de Montréal soulignent que la montée des barrières tarifaires accroît l’incertitude et rapproche le pays d’un risque récessionniste si les mesures se multiplient ou si les ripostes américaines se durcissent. Le taux tarifaire effectif moyen appliqué aux exportations canadiennes aurait presque doublé selon l’une des estimations citées, érodant l’avantage tarifaire relatif du pays.
Ottawa a annoncé des droits de douane réciproques à compter du 8 septembre, une réponse qui pourrait déclencher une nouvelle itération de mesures punitives. Parallèlement, des menaces américaines de surtaxes sur l’automobile à partir de 2027 ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude dans les relations commerciales nord‑américaines.
Enfin, les spécialistes estiment que l’ampleur finale de l’impact dépendra largement des réponses budgétaires canadiennes et de l’évolution des négociations trilatérales de l’ACEUM : un renforcement de la politique budgétaire pourrait atténuer le choc, tandis que l’incertitude prolongée risque de freiner durablement les investissements des entreprises.


