Selon Le Journal du dimanche, l'exécutif réfléchit à une mesure visant à ne pas revaloriser automatiquement certaines dépenses en 2027 afin de freiner la hausse budgétaire. Les pensions de retraite figurent parmi les postes susceptibles d'être concernés, mais le gouvernement privilégierait un dispositif ciblé plutôt qu'un gel uniforme. L'idée est de préserver les plus petites pensions tout en réduisant la revalorisation des montants plus élevés, jusqu'à un gel potentiel au‑delà d'un seuil à fixer.

Le calibrage de ce barème est au cœur des débats : il doit concilier objectif d'économies et protection des retraités modestes. Bercy estime que les retraites françaises augmentent chaque année d'environ 7 milliards d'euros de plus que la moyenne européenne, ce qui motive la recherche d'économies. Pascal Delima, chef économiste chez BKMC, relève pour Europe 1 que l'impact d'une désindexation dépendra fortement du niveau de la pension et du patrimoine individuel : une personne recevant 1 100 à 1 300 euros par mois n'est pas dans la même situation qu'un retraité disposant d'une pension élevée et d'un patrimoine significatif.

Concrètement, si la piste de l'«année blanche» est retenue, les retraités concernés verraient leur pouvoir d'achat s'éroder tant que l'inflation se maintiendrait au‑dessus de zéro, car l'absence de revalorisation n'effacerait pas la hausse des prix. Le gouvernement souhaite en parallèle préserver des dépenses jugées prioritaires pour l'avenir (enseignement, recherche, famille), ce qui explique la volonté de redéployer des marges budgétaires vers ces postes. Le montant exact du seuil et l'architecture du mécanisme restent des variables clés avant toute décision finale.