Les estimations de bénéfices des sociétés du S&P 500 n’ont pratiquement pas évolué au cours de la semaine, alors même que la saison des résultats entre dans une phase plus dense. Selon les données de LSEG, la croissance des profits du troisième trimestre est désormais attendue à 30,7 %, contre 30,6 % la semaine précédente. Cette stabilité contraste avec la nervosité du marché : vendredi, le Dow Jones reculait, le S&P 500 perdait environ 1 % et le Nasdaq près de 2 %, tandis que l’indice de volatilité atteignait un plus haut depuis la mi-juin.

Les premières publications des grandes banques, dont Goldman Sachs et JPMorgan, ont provoqué des réactions boursières globalement neutres ou modérées. L’attention se déplace désormais vers les grandes plateformes numériques et les fabricants de puces. Netflix doit publier mardi et Meta mercredi après la clôture. Lam Research et Texas Instruments figurent également au calendrier, dans un contexte beaucoup plus exigeant pour les valeurs technologiques.

Le test est particulièrement important pour les semi-conducteurs. L’indice sectoriel SOX reculait de 2,6 % vendredi et se dirigeait vers une baisse hebdomadaire supérieure à 10 %, sa plus forte depuis la fin mars 2025. Les investisseurs chercheront donc moins une simple confirmation de la croissance passée qu’une visibilité sur les commandes, les marges et le rythme futur des dépenses liées à l’intelligence artificielle.

Pour le marché, une estimation agrégée stable ne garantit pas une réaction favorable. La concentration de la performance dans quelques grandes capitalisations signifie que les commentaires de Meta, Netflix et des équipementiers de puces peuvent rapidement modifier les anticipations. Une saison solide mais accompagnée de perspectives prudentes pourrait prolonger la rotation vers l’énergie et d’autres secteurs aux flux de trésorerie jugés plus lisibles.