Les Producteurs Laitiers du Canada pressent Ottawa de ne faire aucune concession sur la gestion de l’offre à la veille d’une potentielle mise en place par les États‑Unis d’une nouvelle série de droits de douane de 50 % sur une gamme de produits canadiens, prévue le 19 août. L’organisation a averti qu’« une mauvaise entente n’en vaut pas le coût » et déplore des concessions répétées du Canada lors des discussions de révision de l’ACEUM qui, selon elle, n’ont pas fait reculer les exigences américaines.
Le système canadien de gestion de l’offre, ciblé par Washington comme un point de friction majeur, protège le secteur laitier contre une ouverture brutale du marché. Les États‑Unis réclament notamment un accès direct de leurs producteurs laitiers aux grandes chaînes canadiennes telles que Walmart ou Loblaw — une demande que Ottawa et une source informée des négociations jugent peu susceptible d’aboutir en raison du risque de saturation du régime et des limites imposées par le projet de loi C‑202.
Parmi d’autres points de pression figurent les interdictions provinciales sur la vente d’alcool américain et la politique fédérale «Achetez canadien». Plusieurs provinces ont déjà retiré des boissons alcoolisées américaines de leurs rayons l’an dernier après l’imposition de droits; le Québec, via le cabinet du ministre des Finances Eric Girard, maintient que les produits américains resteront hors des succursales de la SAQ tant qu’une entente «équitable» ne sera pas négociée.
Sur le plan diplomatique et commercial, le ministre Dominic LeBlanc a mené des rencontres à Washington, où Janice Charette demeure pour poursuivre les discussions. Le gouvernement se dit concentré sur une «entente globale» profitable aux travailleurs, agriculteurs et entreprises canadiens, tandis que la Chambre de commerce du Canada et le Congrès du travail expriment respectivement l’espoir d’une dynamique constructive et l’avertissement de ne pas céder face à un «tyran».

