La hausse des rendements obligataires mondiaux pèse de plus en plus sur le marché immobilier britannique. Le rendement des obligations d’État britanniques à 30 ans a dépassé 6 %, son plus haut niveau depuis 1998, ce qui renchérit le coût de financement des banques et se répercute sur les nouveaux crédits immobiliers.

Le marché britannique est particulièrement sensible aux taux swaps à deux et cinq ans. Selon la Banque d’Angleterre, plus de 5 millions de ménages pourraient voir leurs mensualités augmenter d’ici fin 2028. Environ 750 000 emprunteurs ayant souscrit des prêts à taux fixe avant la remontée des taux doivent faire face à une hausse moyenne estimée à 170 livres par mois lors du renouvellement.

Les tensions sont visibles dans l’offre bancaire : des prêts à taux inférieur à 5 % ont récemment disparu du marché et les approbations de crédits immobiliers sont tombées à leur plus bas niveau depuis fin 2023. La hausse des coûts énergétiques et les tensions inflationnistes ajoutent une pression supplémentaire sur les ménages.

Le phénomène dépasse le Royaume-Uni. Les taux hypothécaires américains à 30 ans ont dépassé 7 %, tandis que certains taux immobiliers de la zone euro remontent également. Si les rendements restent élevés, le ralentissement de la demande immobilière pourrait se prolonger et peser sur les prix ainsi que sur la consommation.