La publication des résultats du deuxième trimestre marque un point d’inflexion : selon FactSet, la croissance des revenus du S&P 500 est la plus forte depuis le 4e trimestre 2021, avec des secteurs de l’énergie, de la technologie et des services de communication enregistrant des croissances à deux chiffres. Le secteur de l’énergie a particulièrement profité de la hausse des cours du pétrole : ExxonMobil a déclaré un bénéfice trimestriel de 14,5 milliards de dollars, plus du double sur un an et au plus haut depuis 2022, tandis que Chevron a affiché 12,1 milliards$, près de cinq fois son bénéfice de l’année précédente et un record pour l’entreprise.
Les analystes de Barclays, menés par Venu Krishna, relèvent des chiffres solides à l’échelle de la cote : 85% des résultats ont dépassé les attentes contre une moyenne historique de 76%, et les surprises sur bénéfices atteignent 30,7% contre 5,2% en tendance longue. Malgré ces bonnes nouvelles, les réactions en Bourse sont devenues « déconnectées » des fondamentaux, Barclays notant que tant les surprises favorables que défavorables ont parfois entraîné des réactions négatives des cours.
Cette dissociation s’explique en partie par un positionnement investi et des attentes très élevées, exacerbées par un examen renforcé des dépenses d’investissement (capex) liées à l’intelligence artificielle. Des groupes comme Tesla, Alphabet et Meta ont été sanctionnés par le marché pour leurs plans de dépenses élevés en IA, alors que Microsoft a été récompensée pour ne pas avoir augmenté ses prévisions de capex. Barclays note aussi que le marché des options montre des mouvements implicites supérieurs aux mouvements réalisés, notamment dans les services aux collectivités et la technologie, signe d’une faible tolérance au moindre échec.
La saison commence à ralentir, mais plusieurs poids lourds doivent encore publier, parmi lesquels Walmart et Nvidia, ce qui pourrait prolonger la volatilité liée aux résultats et aux annonces de capex.
