Les réserves de gaz sont actuellement remplies à 57%, contre un niveau attendu de 74% à la même période, indique Gas Infrastructure Europe (GIE). Il s’agit du taux le plus bas depuis 2009 et proche du creux observé en 2021 (60%). Ces chiffres interviennent au moment où les stocks devraient être constitués pendant l’été, rendant la situation inhabituelle et préoccupante pour les mois froids à venir.

Plusieurs facteurs expliquent ce niveau faible. Le texte pointe d’abord le conflit au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements internationaux. S’y ajoutent la fin des achats de gaz russe et une demande asiatique en forte hausse, notamment en Chine et en Inde, qui concurrencent les acheteurs européens sur les marchés internationaux. Résultat : une offre réduite à une période où les fournisseurs cherchent normalement à remplir leurs réservoirs.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a déjà annoncé une hausse du prix de référence du gaz de 5,6% au 1er septembre pour la majorité des ménages français (hors contrats à prix fixe). Des voix, comme celle du professeur Thierry Bros (Sciences Po), estiment qu’il ne s’agira pas forcément d’une pénurie cet hiver, mais d’une facture plus élevée et d’une nécessité de réduire la consommation.

Les observateurs notent que le marché sera plus sensible aux imprévus : une hausse de la demande lors d’un hiver rigoureux pousserait les pays européens à acheter du gaz sur les marchés internationaux à des tarifs potentiellement plus élevés, répercutant la hausse sur les factures domestiques. Le gouvernement est susceptible d’encourager la sobriété énergétique pour limiter les pics de consommation. Enfin, la météo, l’évolution tarifaire et les comportements de consommation sont identifiés comme déterminants pour l’évolution du coût du gaz dans les semaines à venir.